Lundi 17 août 2009 : Bled – Gorges de Pokljuka - Bled

 

Au petit déjeuner, nous retrouvons nos voisins de table, la famille israélienne. Aujourd’hui, ils poursuivent leur voyage vers la Croatie. Tamar, nous raconte l’émotion de ses enfants, lorsqu’ils sont allés hier jusqu’à la frontière autrichienne. Avant de se séparer, Tamar nous écrit sur un carton « Bon voyage » en hébreux (la deuxième ligne est en phonétique).

 

 

Notre objectif du jour est d’aller explorer les Gorges de Pokljuka. Nous suivons quelques indications sur notre guide et arrivons sur un parking en pleine campagne. Nous enfilons nos fidèles chaussures de rando et pénétrons dans une immense forêt. Au bout de plusieurs longues minutes, nous remarquons des signes étranges sur des troncs d’arbres fraîchement coupés. Comme si la forêt essayait de nous parler. Si on avait su l’écouter, on aurait compris qu’elle nous disait : « Hep, petits Déboussolés, vous n’allez pas dans la bonne direction. Z’êtes complètement pommés ! ». En fait, nous l’avons compris tout seuls, mais bien trop tard ! En vérité, nous ne maîtrisons pas encore toutes les subtilités de la signalisation slovène. Nous avons fini par trouver ces gorges (bien plus tard) qui, en cette saison, sont asséchées. 


En soirée, nous dînons sur « la plus belle terrasse » du lac de Bled qui abrite sûrement le plus mauvais restaurant de la ville ! Nous avons bien rigolé tout de même : deux personnes différentes sont venues prendre notre commande, le serveur était complètement « stone », la serveuse (une mamie en tablier) se cognait aux tables et aux murs, les spaghettis bolognaises de Vincent ont fait passer les pâtes de chez Flunch pour de la haute gastronomie, et pour finir, ils font erreur sur l’adition en oubliant de compter un plat. Nous aurions dû nous en douter, pas un seul client slovène dans ce restaurant. Mémorable !

 

 

Heureusement, nous terminons la soirée en beauté. Après manger, nous avons rendez-vous avec Anton (le mari de Dana) qui nous invite à boire un verre de chardonnay slovène. Nous empruntons un chemin en contrebas de la maison pour rejoindre ses champs. Là, il nous montre sa grange, ses tracteurs, ses machines et son étable. Il nous explique comment il fait le foin au rythme des saisons ; une fois l’herbe coupée, il la fait sécher sur les kozolec (on sait maintenant que ce mot signifie « maison du soleil »).

 

Dans son étable, des chèvres, des vaches et … des chats cohabitent ! Ici, il finit de nous expliquer le fonctionnement de sa ferme, puis va traire un peu de lait pour les chevreaux. Il donne le fond de la gamelle aux chats qui le suivaient à la trace en se léchant les babines. Enfin, il lance quelques bottes de foin pour nourrir les bêtes, puis éteint les lumières.

 

A cet instant, nous sommes plongés dans l’obscurité et rejoignons à tâtons la petite table en bois devant l’étable.

 

La nuit noire et le crissement des insectes nocturnes nous enveloppent. Une main habile ouvre la bouteille de vin et sert les trois verres.



 

Après un échange de « santé », « salute », « tchin » … le silence s’installe. Chacun savourant ce moment de sérénité. Moment que nous aimons appeler « la poésie du quotidien ». Quand les plaisirs de la vie se cachent dans des trois fois riens…

 

Puis le dialogue reprend. Intensément.

 

Chacun sait inconsciemment que la soirée touche à sa fin. Un peu comme quand on regarde un feu d’artifice et que le bouquet final débute. On est heureux parce qu’on sait que les prochaines minutes seront les plus belles, mais aussi un peu triste car nous savons que le spectacle est bientôt fini. Alors, à cet instant, on profite de chaque seconde. On se régale de ces phrases prononcées par Anton dans un français écorché mais profondément respecté. Il se concentre, s’applique et des étincelles illuminent son regard lorsque certains mots reviennent à sa mémoire. Mais plus que des mots, ce sont des souvenirs de jeunesse qui se réveillent.

 

Nous regagnons la maison un peu émus, un peu joyeux, un peu tristes … trois émotions qui nous habitent lors de ces rencontres à l’étranger. Des amitiés éphémères qui nous rapprochent un peu plus de l’Autre et de l’Inconnu. Un peu plus de nous même aussi …

A suivre ...

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