Jeudi 28 août 2008 : Sanlùcar de Barrameda

Un pont traversant le Rio Gradiana relie le Portugal et l’Espagne. Nous sommes entrés dans ce nouveau pays à 13h40. Le soleil nous attendait à la « frontière », comme pour nous souhaiter la bienvenue. La chaleur andalouse n’est pas une légende. Les paysages ressemblent à ceux que nous venons de quitter (secs, parsemés d’oliviers, d’orangers et de cactus), mais avec de grands champs en plus.

A partir de Huelva, et pendant au moins 10 km, chaque pylône électrique est habité par un nid de cigogne. Peut-être est-ce ici leur quartier général où elles fabriquent les bébés pour les déposer dans nos maisons ?

Ensuite, nous traversons difficilement l’arrondissement de Séville. Des centaines d’enseignes géantes bordent une rocade surchargée.

Une fois arrivés à Sanlùcar de Barrameda (au nord de Cadiz) nous partons à la recherche de notre hébergement. Ce ne fut pas aussi facile que prévu. La ville est jolie, mais … ça reste une ville avec sa circulation (grosse galère pour se garer !), son agitation et son bruit. Nous avons finalement décidé de n’y passer qu’une seule nuit afin de rejoindre l’intérieur des terres, vers la sierra de Grazalema. Nous espérons y trouver un peu plus de tranquillité.

Cette journée de transition est marquée par la difficulté de faire le « deuil » du Portugal. Les quelques mots ou expressions d’usages que nous avions appris ne nous sont plus d’aucune utilité. Pourtant, il ne nous est pas rare de dire « obligado » à la place de « gracias » !

En fait, nous allons devoir trouver le rythme espagnol si nous voulons profiter un maximum de ce pays !!

Vendredi 29 août 2008 : Sanlùcar de Barrameda – Arcos de la Frontera – Grazalema 

Nous nous sommes levés à l’aurore ce matin. Après un rapide petit dèj’ en bord de plage où nous avons observé le soleil se lever, nous prenons la route vers les « villages blancs ».

Le 1er (et non un des moindres) est Arcos de la Frontera. Il est 9h30 et il fait encore bon dans ces ruelles escarpées. Ce village andalou, qui domine la vallée du Rio Guadalete, est un véritable labyrinthe où nous avons aimé nous perdre. Il y flotte une douceur de vivre que nous apprécions. Nous finissons la matinée dans un troquet où la musique (type flamenco) de la radio couvre les discussions viriles de quelques habitués. C’est une clientèle exclusivement masculine qui se trouve là. A tel point que les toilettes pour dames sont encore fermés à clé à 11h du matin.

Nous rejoignons ensuite Grazalema. C’est encore un village blanc (plus petit celui-ci). Nous décidons d’y passer le reste de la journée ainsi que la nuit. A 16h00, la chaleur est écrasante. Les rues sont vides, mais les maisons bouillonnent de vie. En effet, les volets clos laissent échapper des voix d’hommes et de femmes, de la musique, des cris d’enfants farceurs et de lointaines télévisions. Mais vers 20h00, le paysage se transforme. Tout le monde se retrouve sur la place du village ou dans les bars. Une ambiance joyeuse flotte dans les airs se laissant porter par un vent frais, rafraîchissant la vallée. On s’est assis à une terrasse à observer ces tranches de vie en dégustant quelques tapas. Vincent a goûté son 1er gaspacho et Sophie attend avec impatience de manger une vraie tortillas. Ça y est, nous prenons enfin le rythme et peu à peu ce pays s’offre à nous.

 


Samedi 30 août 2008 : Grazalema – Zahara de la sierra - Benaojan

Ce matin, nous avons emprunté des routes qui serpentent la sierra pour atteindre Zahara. Dominé par une ancienne forteresse Maure, le village surplombe un lac vert qui scintille au milieu de montagnes aux cimes déchiquetées. Nous retrouvons la même douceur de vivre dans ce petit village aux façades blanchies que dans ceux traversés précédemment. Après une petite balade, nous nous enfonçons dans la sierra. Ce paysage pourtant aride nous subjugue. Il y a une âme dans ces sierras. Quelque chose d’irrationnel qui vous prend aux tripes et vous transporte. Il semble que chaque falaise, chaque rocher essaye de nous dire quelque chose. Cette vallée est vivante, nous en sommes certains. Tout à l’air mort, mais pourtant, avec un peu de patience, vous apercevrez la danse d’un aigle impérial au-dessus des pitons rocheux, si vous vous baissez vous pourrez observer ces petites fleurs qui se font une place dans cette terre sèche, et si vous prêtez l’oreille, vous entendrez tous ces insectes et infimes bestioles qui attendent la fraîcheur du soir pour sortir.

Après une telle contemplation sous un soleil écrasant, nous avons retrouvé Benaojan où nous faisons étape pendant 2 jours.

A suivre ...

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